Pierre et l’Église - À la découverte de la Bible du 25 octobre 2020

« Sur cette pierre je bâtirai mon Église … Je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-19)
 
Cette semaine, dans l’Évangile de la messe dominicale, Jésus donne à son Apôtre Simon un nouveau nom, celui de « Pierre ». Les changements de noms ne sont pas rares, dans la Bible. Ils tirent leur origine d’un usage ancien, par lequel un monarque exprime sa suzeraineté sur un de ses sujets en qui il met une confiance particulière. Le nom choisi par le monarque évoque alors quelle sera la nouvelle réalité de la personne en qui il met sa confiance. Ainsi, lorsque Dieu donne à un homme où une femme un nouveau nom, il lui exprime sa confiance et lui révèle sa nouvelle réalité. Saraï, par exemple reçoit le nom de « Sara », « Princesse » (Gn 17, 15).
 
En donnant à Simon le nouveau nom de « Pierre », Jésus révèle donc à celui-ci que c’est sur cette pierre qu’il va édifier son Église. Le français a la chance de pouvoir traduire le jeu de mot du texte grec original : les mots grecs « Petros » et « petra » deviennent en effet « Pierre » et … « pierre » dans notre langue. Il n’en est pas de même dans toutes les langues où, par exemple, en anglais, « Petros » et « petra » deviennent « Peter » et « rock ». En faisant de Pierre la pierre sur laquelle il fonde son Église, le Christ lui donne la primauté sur tous les Apôtres ; il fait de lui le pasteur de son troupeau, une responsabilité qui se transmettra ensuite à ses successeurs, les évêques de Rome. 
 
Dans notre rubrique du 23 août dernier, nous avons fait référence à l’Évangile de cette semaine en disant : « Pierre a reçu du Christ une primauté sur tous les autres Apôtres. Par cette primauté, Pierre devient la tête de l’Église naissance. À sa suite, les successeurs de Pierre, les évêques de l’Église de Rome que Pierre a fondée avec Paul, auront à leur tour la primauté sur les autres évêques du monde et seront donc la tête de l’Église. » Le 23 août dernier, nous évoquions aussi la visite de Pierre au romain Corneille, expliquant de quelle façon Pierre, après la Pentecôte, allait exercer sa primauté. Nous disions : « Pierre délie les cœurs refermés sur eux-mêmes et leur permet de lier des amitiés nouvelles », ajoutant que, ce faisant, Pierre « [élargit] l’Église au monde entier et [convainc] ses pairs que c’est ainsi qu’il convient d’agir ».
 
Pierre, dont le nom exprime la solidité et la stabilité sur lesquelles sera fondée l’Église, expliquera lui-même, dans sa Première épître, comment il voit l’Église, comment il nous voit nous-mêmes, comme parties essentielles de cette Église : après  nous avoir parlé du Christ comme de la « pierre vivante […] choisie et précieuse devant Dieu », Pierre continue en disant :« Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle » (1 P 2, 4-5). Ainsi, chaque pierre vivante, chaque fidèle du Christ, est invité par Pierre à partager sa stabilité et sa solidité pour édifier la demeure spirituelle, tout en ayant sa propre personnalité, ses propres charismes : si Pierre est la pierre de fondation, un autre chrétien sera la pierre d’autel, un autre la pierre d’un mur, les autres des marches, des chapiteaux, des clefs de voûte, etc. Il appartient donc à chacun de nous, en se fondant sur Pierre, d’apporter sa personnalité et son originalité à l’Église.

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