L'action de grâce - À la découverte de la Bible du 11 octobre 2020

« En lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous. » (Is 25, 6-10a)
 
Ce lundi, c’est la fête et le congé de l’Action de grâce, une fête qui ne fait pas partie du calendrier liturgique catholique mais que, en Amérique du Nord, on aime bien souligner avec les autres confessions chrétiennes. Chaque Église aime rendre grâce à Dieu. Dans notre perspective catholique, l’eucharistie dominicale, comme l’eucharistie quotidienne, d’ailleurs, est une action de grâce à Dieu (le mot « eucharistie » signifie « action de grâce »). Nous, les catholiques, nous célébrons donc l’action de grâce toutes les semaines, voire tous les jours, lors de notre participation à l’eucharistie. Pour certaines Églises protestantes, par contre, qui célèbrent moins souvent que nous l’eucharistie, le temps des récoltes est une occasion magnifique de rendre solennellement grâce à Dieu. Les presbytériens, par exemple, célèbrent toujours l’eucharistie à l’Action de grâce, comme ils la célèbrent aussi à Noël et à Pâques (trois fois par année). Elle prend alors pour eux une importance et un relief particuliers. Chaque Église exprime ainsi, à sa manière, sa reconnaissance à Dieu.
 
Rendre grâce, être en action de grâce, c’est être plein de joie et de reconnaissance. Même si la première lecture de ce dimanche, provenant du Livre d’Isaïe, ne mentionne pas les mots « reconnaissance » ou « action de grâce », elle en déborde, comme elle déborde de joie. Cette lecture, en effet, chante l’intervention de Dieu, qui a répondu merveilleusement à l’espérance des siens ; cette lecture est pleine de jubilation.
 
Il est difficile, en effet, de se représenter la reconnaissance sans la dimension de joie qui l’habite, la reconnaissance étant, habituellement, issue de la joie que nous procure une autre personne. La joie est d’ailleurs une dimension essentielle de la foi chrétienne. Le Fils de Dieu n’est pas venu nous apporter un « Message », il est venu nous annoncer une « Bonne Nouvelle » et nous ouvrir les portes du bonheur. C’est ce que nous disions ici, en ces termes, la semaine dernière : « Le vin, qui provient des grappes, est à son tour un symbole de fête et de joie, un symbole des personnes qui se rassemblent pour fêter et être heureuses ensemble. Jésus, dans l’eucharistie, en a fait le signe et le sacrement du bonheur qui nous est promis, dès maintenant et pour la vie éternelle. » Ces mots nous ramènent clairement à l’eucharistie, que nous évoquions au début de cette réflexion.
 
Il y a longtemps, un ami me soulignait qu’être heureux est une chose, mais que la conscience de ce bonheur en est une autre, ajoutant au bonheur ressenti une profondeur nouvelle. Je vous invite donc, à l’occasion de cette fin de semaine de l’Action de grâce, à exprimer votre reconnaissance à Dieu (et à vos proches) pour ce qui vous rend heureux, mais aussi à rendre grâce à Dieu pour la conscience que vous avez de votre part de bonheur. Si toutefois la tristesse vous habite, si elle vous semble prendre toute la place, gardez courage et espérance : Dieu veille sur vous. Confiez-vous alors à un proche de confiance pour que cette tristesse n’ait jamais le dessus sur vous. Ne gardez pas tout en vous.
 
Au nom de toute notre équipe pastorale, je vous souhaite un beau dimanche, une belle fête de l'action de grâce et une bonne semaine !

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