La Sagesse - À la découverte de la Bible du 15 novembre 2020

« Elle est précieuse plus que les perles ! » (Pr 31)  
 
Le Livre des Proverbes se termine avec un poème sur la femme parfaite, un poème qui se retrouve dans notre première lecture de ce dimanche. Comme la plupart des textes bibliques, ce poème peut se comprendre de plus d’une façon. Par exemple: s’il fait une description concrète de la femme parfaite (intelligente, adroite, généreuse, etc.) selon la vision d’un homme sage de l’Antiquité, on peut aussi y voir une description allégorique de la Sagesse, épouse parfaite de celui qui cherche le bonheur véritable. Le roi Salomon, d’ailleurs, dans le Livre de la Sagesse (Sg 8, 2), souhaite prendre la Sagesse pour épouse.
 
L’Évangile de ce dimanche, dans la parabole racontée par Jésus, nous invite à faire fructifier nos talents (comme le fait la femme parfaite des Proverbes : notre intelligence, notre adresse manuelle, notre générosité, etc.) et à les mettre au service de notre Dieu. En particulier, l’Évangile de ce dimanche nous invite à faire fructifier la Sagesse que Dieu nous a donnée. Or, comme nous l’avons rappelé la semaine dernière, la Sagesse donnée par Dieu, c’est le Christ lui-même. N’allons surtout pas l’enterrer, comme l’homme de la parabole le fait avec son talent ! Avisons-nous plutôt de laisser sa présence s’épanouir en nous, nous transformer et nous faire porter ses plus beaux fruits.
 
Mais pourquoi, comme nous le disions la semaine dernière, la Bible et l’Église considèrent-elles la personne du Christ comme la Sagesse divine ? D’abord, dans le Livre de la Sagesse, la Sagesse n’est pas présentée comme une faculté ou une aptitude intellectuelle, comme par exemple la mémoire ou l’imagination, mais  plutôt comme une personne à part entière, indissociable de Dieu lui-même : « Elle est le miroir sans tache de l’activité de Dieu, l’image de sa bonté […] Elle renouvelle l’univers » (Sg 7, 26. 27). L’auteur du Livre de la Sagesse la voit aussi à l’œuvre tout au long de l’Histoire sainte comme il l’affirme au cours des chapitres 10 à 19.
 
Puis, l’Église ancienne a reconnu en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, la personne-même de la Sagesse divine, évoquée dans les livres des Proverbes et de la Sagesse. Le livre Vocabulaire de théologie biblique nous rappelle que « Jésus est appelé ‘Sagesse de Dieu’ [par saint Paul — 1 Co 1, 24-30]; ce n’est pas seulement parce qu’il communique la sagesse aux hommes : c’est parce qu’il est lui-même la Sagesse. Aussi, pour parler de sa pré-existence auprès du Père, reprend-on [dans les épîtres] les termes qui définissaient jadis la Sagesse divine : [Jésus] est le premier-né avant toute créature et l’artisan de la création (Col 1, 15s; cf Pr 8, 22-31), le resplendissement de la gloire de Dieu et l’effigie de sa substance (He 1, 3; cf Sg 7, 25s). […] Cette Sagesse personnelle [conclut le Vocabulaire de théologie biblique] était jadis cachée en Dieu […] Maintenant, elle est révélée en Jésus-Christ. »
 
La réflexion sur le Christ-Sagesse a été développée, au cours des siècles suivants, par les Pères de l’Église. C’est une tradition bien ancrée dans notre Église, même si on y fait peut-être moins référence aujourd’hui. Cela nous donne toutefois une bonne raison pour demander au Christ, lors de la communion eucharistique, de nous ouvrir davantage au Mystère de sa Personne divine.
 
Au nom de toute notre équipe pastorale, je vous souhaite une belle semaine !

 

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