Jésus marche sur les eaux - dimanche 9 août 2020

À la découverte de la Bible
 
" Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. " (Mt 14, 22-33)
 
La semaine dernière, nous avons abordé le thème des bizarreries dans la Bible, en voyant que ces bizarreries sont volontaires et qu’elles sont comme les images colorées d’un magnifique poème qui nous permet de dépasser la logique rationnelle pour entrer dans un monde qui nous dépasse, qui nous transcende : le monde divin. À son tour, le récit d’aujourd’hui nous permettra de comprendre combien la Bible a de richesse et de profondeur.
 
Origène, un Père de l’Église (un théologien des tous premiers siècles chrétiens) a expliqué qu’un texte biblique ne peut avoir une seule interprétation, fermée aux autres. En effet, la Parole de Dieu a une telle richesse, une telle profondeur que, dans un seul passage, Dieu peut y dire de multiples vérités. Celles-ci, quoique nombreuses, ne se contredisent pas mais se complètent comme les facettes nombreuses d’un seul diamant. Le récit d’aujourd’hui, la marche de Jésus sur les eaux, est un bon exemple de cela et nous allons voir, succinctement, quelques interprétations complémentaires de ce récit.
 
Le récit d’aujourd’hui nous apprend d’abord que Jésus a marché sur les eaux du Lac de Tibériade. On n’en connaît pas la date exacte, mais on sait que c’était durant la nuit, quelque part autour de l’an 30. On sait aussi que saint Pierre y a fait quelques pas, lui aussi, avant de caler et que Jésus ne le rattrape. On sait aussi que les autres Apôtres ont été témoins de ces événements étonnants. C’est notre première interprétation : l’interprétation historique.
 
Notre deuxième interprétation, elle, est éthique. Jésus nous donne ici un exemple de comportement charitable envers autrui : il attrape la main de Pierre qui s’enfonce dans la mer et qui risque de s’y perdre. La mer, pour les contemporains de Jésus est l’habitat de créatures étranges, mais aussi un lieu de pertes et de naufrages. En retirer Pierre — et, qui plus est, durant une tempête — c’est le sortir de tout ce qu’on peut s’imaginer de pire. Par ce geste, Jésus nous invite donc à tendre la main à l’autre, lorsqu’il nous le demande, pour l’aider à se sortir du bourbier, quel qu’il soit, dans lequel il s’enfonce.
 
Notre troisième interprétation, maintenant, est spirituelle. Comme Pierre qui demande son aide à Jésus, nous sommes invités à la lui demander, à notre tour, lorsque nous nous enfonçons dans nos propres bourbiers. Jésus seul, en effet, et quoiqu’il le fasse la plupart du temps par l’intermédiaire des autres, peut nous tirer hors des eaux tempétueuses. Remarquons ici que Pierre, malgré ses doutes, a prié le Christ lorsqu’il a commencer à s’enfoncer dans l’eau. Nous aussi, à travers nos doutes, sommes invités à faire la même chose : prier même lorsque nous doutons.
 
Notre quatrième interprétation, enfin, est christologique, c’est-à-dire qu’elle nous éclaire sur le Christ. Jésus qui marche aujourd’hui sur la mer est à l’image de l’Esprit de Dieu qui plane à la surface des eaux, lors de la Création du Monde (Gn 1, 2). Comme l’Esprit de Dieu, Jésus se trouve au dessus des eaux pour apporter au monde une lumière nouvelle. Lors de la Création, Dieu dit : « Que la lumière soit », et la lumière fut (Gn 1, 3). Lors de sa vie terrestre, Jésus nous dit : " Moi, je suis la lumière du monde ". Jésus qui marche sur la mer n’est donc personne d’autre que Dieu lui-même, Dieu qui vient nous éclairer dans les tempêtes de nos nuits. Il n’est pas un réalisateur de miracle comme les autres — comme le furent, avant lui, Élisée ou, après lui, le saint Frère André — mais il est bien celui qui est à l’origine de tout ce qui se fait de miraculeux dans le monde. C’est par lui, le Christ, qu’Élisée, le Frère André et tous les autres ont pu faire des miracles.
 
Vous voyez : un seul texte biblique peut recevoir des interprétations nombreuses, mais complémentaires. C’est la richesse infinie de la Parole de Dieu.

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