Annoncer l'Évangile - À la Découverte de la Bible du 7 février 2021

« Annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. » (1 Co 9, 16-23)
 
Saint Paul est un homme de cœur, tout entier tourné vers Dieu et vers son prochain. Si on se rappelle que le mot « Évangile » se traduit aussi par « Bonne nouvelle », on pourrait relire ainsi la phrase citée au début de la réflexion d’aujourd’hui : « Annoncer la Bonne nouvelle ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. »
 
Et au fond, c’est bien là tout ce qu’il y a de plus normal ! Pensez à n’importe qu’elle bonne nouvelle que vous venez d’apprendre, pensez à n’importe quel événement tout récent qui est pour vous la source d’une grande joie … Mettons, par exemple, que vous venez d’apprendre que vous êtes grand-mère, ou encore que votre conjoint est maintenant guéri d’un cancer ; ce sont des sapristi de bonnes nouvelles ! Vous devez bien avoir le goût d’en parler à quelqu’un, hein ? et même à plusieurs personnes ? Annoncer une bonne nouvelle, pour chacun d’entre nous, c’est quelque chose d’irrésistible. Et pour Paul, c’est pareil !
 
Pour Paul, comme pour les autres Apôtres, d’ailleurs, cette bonne nouvelle se résume en quelques mots : le Christ est ressuscité. Que le Christ soit ressuscité, c’est en soi une excellente nouvelle, mais cette excellente nouvelle a une portée gigantesque pour chacun d’entre nous : Jésus, nous dit en effet Paul, est le « premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » (1 Co 15, 20); autrement dit, nous allons ressusciter nous aussi, à notre tour.
 
C’est cette bonne nouvelle qui est au cœur de notre foi et de notre espérance. Nous ne sommes pas appelés à nous éteindre définitivement, comme le suggère la non-croyance. Nous ne sommes pas appelés non plus à la sorte de demi-vie du royaume des ombres, comme le croyaient les religions de l’Antiquité. Enfin, nous ne sommes pas davantage appelés à d’éternels recommencements, comme le suggère la doctrine de la réincarnation. C’est à la résurrection, que nous sommes appelés, c’est-à-dire à une vie nouvelle, transformée et éternelle, auprès de Dieu, de Dieu qui nous aime.
 
Il est important de se le rappeler ce qui est le cœur de notre foi et de notre espérance — et l’annonce de l’Évangile devient alors irrésistible. Notre époque a eu le mérite de nous rappeler que nous vivons ici et maintenant, que nous ne pouvons pas vivre sans tenir compte des enjeux actuels, que nous ne pouvons pas vivre dans l’attente passive du monde futur. Cependant, notre époque tend aussi, malheureusement, à nous faire oublier la perspective du monde à venir. En d’autres mots, l’idéal, pour nous, consiste à ne perdre de vue ni le but (le monde à venir), ni les moyens (le monde présent). Le monde à venir, en effet, se prépare dans la transformation du monde actuel, mais le monde à venir nous indique quelle transformation du monde actuel est souhaitable.
 
De quelle façon, alors, transformer le monde? L’Évangile d’aujourd’hui (Mc 1, 29-39) nous en donne un indice, en nous montrant Jésus qui ne cesse de prendre soin des autres et … d’annoncer la Bonne nouvelle !

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